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Construction et contrats

Construction sans permis poursuivie malgré un ordre d'arrêt : la Cour suprême rejette l'appel contre la démolition

  • Juridiction: Cour suprême
  • Dossier: dossier 79611-06-26
  • Rendu le 02.11.2026
  • Publié le: 2 novembre 2026

Un homme ayant construit un bâtiment sans permis demandait au tribunal de lui accorder un permis de construire a posteriori et d'annuler l'ordre de démolition visant ce bâtiment. La Cour suprême a rejeté son appel, jugé qu'il n'y avait aucun motif d'intervenir dans les décisions des autorités d'urbanisme et l'a condamné à 5 000 ₪ de frais.

Les faits

L'appelant a construit sans permis un bâtiment en pierre et en béton de deux étages, d'environ 250 m², dans la région d'Hébron en Cisjordanie. Le 7.2.2018, un ordre d'arrêt des travaux lui a été remis, et environ une semaine plus tard, le 13.2.2018, il a déposé une demande de permis de construire a posteriori afin de régulariser le bâtiment.

Le 16.1.2023, la sous-commission de contrôle de l'Administration civile a rejeté la demande pour des raisons d'urbanisme : le demandeur n'avait qu'un lien partiel avec le terrain ; la construction avait été réalisée sans plan détaillé approuvé ni plan de parcellement ; le nombre d'étages et la surface bâtie dépassaient ce que permettait le plan applicable ; et le bâtiment était éloigné des zones de construction régularisées. En même temps que cette décision, il a reçu un ordre définitif d'arrêt des travaux et de démolition, avec la possibilité de remettre lui-même les lieux en état dans un délai de 30 jours.

Le recours qu'il a formé a été rejeté pour des raisons similaires par la sous-commission de planification et d'autorisation, par une décision du 12.4.2026, qui lui a accordé un délai de 14 jours pour exécuter lui-même l'ordre. Il a alors saisi le tribunal de district de Jérusalem, qui a rejeté sa requête d'emblée le 26.5.2026. Le tribunal de district a jugé que la décision reposait sur des considérations d'urbanisme manifestes et que la requête ne formulait aucun grief concret contre elle. Il a également jugé que le requérant ne se présentait pas les mains propres : il avait construit sans permis et avait même continué à bâtir et à agrandir après l'ordre d'arrêt des travaux, si bien que le bâtiment comptait désormais trois étages sur 370 m².

Le 25.6.2026, un appel a été déposé devant la Cour suprême, accompagné d'une demande de suspension de l'ordre de démolition jusqu'à la décision. Le jour même, la demande d'ordonnance provisoire a été rejetée en raison du retard avec lequel elle avait été présentée.

Les arguments des parties

L'appelant soutenait que sa requête n'aurait pas dû être rejetée d'emblée, et que la démolition du bâtiment portait atteinte à son droit de propriété, à son droit à un toit et à un logement convenable, et était même contraire au droit international. Selon lui, les décisions de démolir le bâtiment étaient donc déraisonnables et entachées de mauvaise foi.

Les autorités soutenaient que l'appel devait être rejeté parce que l'appelant avait construit sans permis et avait agrandi la construction même après l'ordre d'arrêt. Selon elles, la demande de permis avait été rejetée pour des raisons d'urbanisme, l'appelant ne répondait pas à ces raisons, et des griefs d'atteinte à des droits ne peuvent pas régulariser une construction illégale.

La décision

La Cour suprême, siégeant à trois juges, a rejeté l'appel sur la base des écritures du dossier, en vertu de l'article 138(a)(5) du Règlement de procédure civile de 2018 (5779), applicable aux appels administratifs en vertu de l'article 34(a) du Règlement des tribunaux administratifs (procédure) de 2000 (5761).

La Cour a rappelé qu'elle ne substitue pas sa propre appréciation à celle, professionnelle, des autorités d'urbanisme. Elle n'intervient dans de telles décisions que dans des cas exceptionnels, par exemple lorsque la décision est entachée d'un vice fondamental qui l'atteint à la racine. Selon la Cour, la présente affaire en est très loin : la demande a été rejetée pour des raisons d'urbanisme claires, et l'appelant n'a démontré aucun vice dans les décisions ni aucun autre motif administratif justifiant une intervention. La Cour a également précisé que les griefs d'atteinte au droit de propriété et au droit au logement ne régularisent pas une construction illégale.

Le résultat

L'appel a été rejeté, et avec lui la demande d'ordonnance intérimaire visant à suspendre la démolition. L'appelant a été condamné à verser aux autorités 5 000 ₪ de frais.

Ce qu'il faut retenir

  • Ne commencez pas à construire avant d'avoir obtenu un permis : une demande de permis a posteriori ne garantit pas la régularisation et sera examinée selon les critères d'urbanisme habituels.
  • Si vous recevez un ordre d'arrêt des travaux, arrêtez immédiatement. Poursuivre et agrandir la construction peut vous fermer les portes du tribunal, faute de mains propres.
  • Pour demander la suspension d'un ordre de démolition, il faut agir vite. Un retard dans le dépôt de la demande peut entraîner son rejet.
  • Dans une requête ou un appel contre une décision d'urbanisme, il faut répondre concrètement à ses motifs. Des arguments généraux sur le droit de propriété ou au logement ne suffisent pas.
  • Les tribunaux n'interviennent dans les décisions des autorités d'urbanisme que dans des cas exceptionnels : il est donc essentiel de bien préparer le dossier dès la demande et le recours devant l'autorité.

Cet article résume une décision publiée, en langage simple, et ne constitue pas un avis juridique. Chaque cas dépend de ses circonstances. Les noms des parties ont été omis. Il s'agit d'une décision de première instance, susceptible de recours.

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